Mon père était un homme abîmé. La guerre d'Algérie l'avait détruit, profondément et définitivement. Il ne l'a jamais admis, jamais soigné, jamais réparé.
Pendant des années, j'ai cherché pourquoi. Pourquoi il ne s'était pas repris. Pourquoi il n'avait pas essayé. Et puis un jour, j'ai arrêté de chercher. Ce n'était pas à moi de trouver la réponse. C'était sa vie, son choix, son histoire.
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Pardonner sans renouer.
Je lui ai pardonné, pas pour lui il ne l'a jamais su ni compris, pour moi.
J'ai quitté Marseille, me suis installé près d'Aix-en-Provence, loin de lui, loin de sa folie. J'ai compris quelque chose que je répète depuis : pardonner ne signifie pas reprendre la relation, on peut pardonner tout en se protégeant. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est de la précision.

Le malheureux, dans cette histoire, c'était lui pas moi.
Cette conviction que les blessures reçues n'ont pas à dicter ce que l'on devient, est au cœur de ce que j'ai voulu raconter dans ce livre.
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