Mon père me giflait pour m'apprendre les tables de multiplication.
Ce n'est pas une métaphore, c'est ce qui se passait à la maison, à Marseille, dans les années 70. Dyslexique, hyperactif, incapable de suivre, l'école me jugeait nul. Chaque bulletin scolaire était une condamnation de plus signée par des adultes convaincus de savoir ce que j'allais devenir.
Ils avaient raison sur un point : je n'allais pas devenir ce qu'ils imaginaient.

Une autre architecture
Ce que j'ai appris depuis, et que j'aurais aimé entendre à 10 ans, c'est que tous les cerveaux sont différents, quand l'accés de la porte d'entrée vous est refusé, il y a une fenêtre. Ce n'est pas un défaut de construction, c'est une autre architecture.
J'ai tout appris sur le tas : Le commerce, les gens, les voyages, la scène, la radio, la restauration. Dix métiers, aucun diplôme, et la conviction de plus en plus solide que la culture générale ne s'enseigne pas en classe, elle s'attrape dans la vie, les rencontres et les erreurs qu'on transforme en carburant.
Si vous avez un enfant que l'on dit inadapté, que l'on met de côté, que l'on décourage, ne le croyez pas. Cherchez la fenêtre, elle existe toujours.


